Mis à jour le 10 septembre 2026.
Le préavis de démission en CDI n’a pas de durée fixée par la loi dans le cas général, contrairement à ce que beaucoup de salariés pensent en cherchant un chiffre unique. C’est un ordre de sources précis, pas un article de loi, qui détermine combien de temps il faut rester après avoir annoncé son départ.
Trois professions font exception à cette règle et suivent une durée légale fixe, ce qui explique pourquoi deux salariés qui démissionnent le même jour, dans deux entreprises différentes, peuvent avoir des dates de départ très différentes sans que l’un des deux soit dans l’erreur.
En bref
- Le Code du travail ne fixe pas de durée générale de préavis de démission en CDI.
- La durée vient d’abord de la convention collective ou de l’accord applicable dans l’entreprise, puis du contrat de travail, puis des usages de la profession ou de la localité.
- Les VRP et les journalistes professionnels suivent des durées légales fixes, distinctes du cas général.
- Le point de départ du préavis est la date à laquelle l’employeur a connaissance de la démission, qui dépend du moyen utilisé pour l’annoncer.
- Employeur et salarié peuvent, d’un commun accord, allonger ou raccourcir cette durée.
Qui fixe la durée du préavis de démission ?
En l’absence de texte légal général, la durée du préavis suit un ordre précis de sources. La convention collective ou l’accord collectif applicable dans l’entreprise prime en premier. À défaut, c’est le contrat de travail qui peut la fixer. En l’absence des deux, ce sont les usages pratiqués dans la localité ou la profession qui s’appliquent : si les salariés qui ont démissionné avant vous du même poste ont respecté un mois, vous pouvez vous prévaloir de cette durée.
Un simulateur officiel, sur le site du Code du travail numérique, permet de calculer cette durée en fonction de la convention collective applicable, ce qui évite d’avoir à consulter le texte complet de l’accord pour trouver la ligne qui concerne son poste.
À retenir : d’un commun accord, l’employeur et le salarié peuvent toujours convenir d’allonger la durée du préavis fixée par la convention collective ou les usages. L’inverse, un raccourcissement, se négocie aussi, mais reste à la discrétion de l’employeur.
Quelles professions suivent une durée légale fixe ?
Deux professions échappent à la hiérarchie des sources habituelle et suivent une durée fixée directement par la loi. Le VRP doit respecter un préavis d’un mois durant sa première année de présence dans l’entreprise, deux mois durant la deuxième, puis trois mois au-delà.
Le journaliste professionnel suit une autre échelle : un mois de préavis pour une ancienneté inférieure ou égale à trois ans, deux mois au-delà. Des dispositions particulières s’appliquent également aux assistantes maternelles et salariés du particulier employeur, ainsi qu’un délai de six semaines propre aux départements d’Alsace-Moselle pour les commis commerciaux.
| Situation | Durée du préavis |
|---|---|
| Cas général | Convention collective, puis contrat, puis usages |
| VRP, moins d’1 an d’ancienneté | 1 mois |
| VRP, 2e année | 2 mois |
| VRP, au-delà | 3 mois |
| Journaliste, ancienneté ≤ 3 ans | 1 mois |
| Journaliste, ancienneté > 3 ans | 2 mois |
Quand le préavis commence-t-il vraiment à courir ?
Le point de départ du préavis est la date de notification de la démission à l’employeur, c’est-à-dire le moment où il en a connaissance, et non la date à laquelle le salarié a rédigé ou envoyé sa lettre. Ce point de départ dépend directement du moyen utilisé pour informer l’employeur.
Si la démission est notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception, le préavis commence à courir à la date de première présentation de la lettre par les services postaux, et non à sa date de rédaction ni à celle de sa réception effective par le destinataire. Cette distinction, souvent ignorée, peut décaler la date de fin de contrat de plusieurs jours par rapport à ce que le salarié avait calculé de son côté.
Comment se calcule concrètement la durée du préavis ?
La durée du préavis se calcule de date à date, sans tenir compte du nombre de jours de chaque mois. Un préavis d’un mois notifié le 6 juillet se termine ainsi le 6 août, que le mois compte 28, 30 ou 31 jours, ce qui évite les approximations en jours calendaires qui compliquent souvent le calcul d’autres délais du droit du travail.
Cette règle simple explique pourquoi deux préavis d’un mois démarrés à des dates différentes peuvent avoir des durées réelles légèrement différentes en nombre de jours, sans que cela remette en cause le calcul : c’est la date de fin, pas le nombre de jours, qui fait foi.
Que se passe-t-il en cas de dispense de préavis ?
Deux situations se distinguent, avec des conséquences financières opposées. Si c’est l’employeur qui dispense le salarié d’effectuer son préavis, il doit lui verser une indemnité compensatrice correspondant au salaire qu’il aurait perçu s’il avait travaillé pendant cette période. Le salarié ne travaille pas, mais il est payé comme s’il travaillait.
Si c’est au contraire le salarié qui demande à ne pas effectuer son préavis et que l’employeur accepte, aucune indemnité compensatrice n’est due : le salarié part plus tôt, mais sans être payé pour la période non travaillée. C’est une différence souvent découverte trop tard, au moment de recevoir un solde de tout compte plus léger que prévu.
Questions fréquentes
Comment connaître la durée de mon préavis en CDI ?
Consulter d’abord la convention collective applicable à l’entreprise, à défaut le contrat de travail, et en dernier recours les usages de la profession ou de la localité. Le simulateur du Code du travail numérique permet de calculer cette durée directement à partir de la convention collective.
Quelle est la durée d’un préavis en cas de démission sans convention collective ?
À défaut de convention collective et de clause du contrat de travail, ce sont les usages pratiqués dans la profession ou la localité qui s’appliquent, ce qui suppose de pouvoir démontrer la pratique habituelle constatée chez des salariés occupant un poste comparable.
Qui a un préavis de deux mois en cas de démission ?
Notamment le VRP à partir de sa deuxième année de présence dans l’entreprise, et le journaliste professionnel au-delà de trois ans d’ancienneté. Certaines conventions collectives fixent aussi deux mois pour des postes à responsabilité, indépendamment de ces deux professions.
Le préavis de démission est-il toujours obligatoire ?
Il est dû dès lors qu’une source (convention, contrat ou usage) le prévoit. L’employeur peut dispenser le salarié de l’effectuer, avec ou sans indemnité compensatrice selon que la dispense vient de son initiative ou de celle du salarié.
Un salarié peut-il travailler ailleurs pendant son préavis de démission ?
Pas avant la fin du préavis en cours chez l’employeur actuel, sauf accord de ce dernier pour une dispense anticipée : le contrat de travail reste actif jusqu’au terme du préavis, avec les obligations qui l’accompagnent, notamment une éventuelle clause d’exclusivité.
Le préavis change-t-il si la démission est donnée verbalement ?
Le mode d’annonce ne change pas la durée du préavis, mais il change son point de départ. Une démission donnée verbalement ou par lettre remise en main propre fait courir le préavis dès ce moment, contrairement à une lettre recommandée dont le point de départ dépend de sa première présentation par les services postaux. En cas de désaccord ultérieur sur la date exacte, une démission écrite reste plus facile à prouver qu’une démission orale.
Sources
Service-Public.fr, démission d’un salarié : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2883
Cette information générale est vérifiée à sa date de mise à jour. Elle ne remplace pas l’examen de votre situation par le service gestionnaire de votre entreprise ou par un professionnel du droit.