Mis à jour le 10 septembre 2026.
Les deux jours de repos consécutifs obligatoires ne concernent pas tous les salariés, contrairement à une idée répandue. La loi ne garantit que 24 heures de repos hebdomadaire à un salarié majeur, quand un salarié mineur, lui, bénéficie d’une protection nettement plus large, calée sur deux jours pleins.
Cette différence d’âge explique la confusion : deux collègues travaillant dans la même entreprise, l’un majeur et l’autre mineur, ne sont pas soumis à la même règle de repos, sans que cela relève d’un traitement de faveur arbitraire.
En bref
- Un salarié de moins de 18 ans a droit à 2 jours de repos consécutifs par semaine, par exemple le samedi et le dimanche.
- Un salarié majeur n’a droit, lui, qu’à 24 heures de repos hebdomadaire consécutives, portées à 35 heures avec le repos quotidien de 11 heures.
- Une dérogation aux 2 jours consécutifs des mineurs n’est possible qu’à partir de 16 ans, par accord collectif ou conventionnel.
- En cas de dérogation, le salarié mineur doit tout de même bénéficier d’au moins 36 heures de repos consécutives.
- Les stagiaires ne sont pas concernés par ces règles, et les apprentis suivent des conditions particulières.
Qui a droit à deux jours de repos consécutifs ?
Tout salarié âgé de moins de 18 ans a droit à 2 jours de repos consécutifs par semaine, le plus souvent le samedi et le dimanche selon l’organisation de l’entreprise. Cette protection va bien au-delà du repos hebdomadaire minimum applicable aux salariés majeurs, qui ne bénéficient que de 24 heures consécutives.
Cette règle ne s’applique pas à un stagiaire, qui n’est pas un salarié de l’entreprise. Des conditions particulières, distinctes, s’appliquent à l’apprenti.
À retenir : la protection renforcée des 2 jours consécutifs disparaît le jour des 18 ans du salarié, qui bascule alors sur le régime commun des 24 heures de repos hebdomadaire.
Quelle est la règle pour un salarié majeur ?
Le repos hebdomadaire d’un salarié de plus de 18 ans est d’au moins 24 heures consécutives, d’une semaine à l’autre. À ces 24 heures s’ajoute l’obligation de repos quotidien de 11 heures consécutives entre deux jours de travail, ce qui porte la durée minimale réelle du repos hebdomadaire à 35 heures consécutives.
Cette durée de 35 heures ne correspond pas nécessairement à deux jours calendaires pleins : selon l’organisation des horaires, elle peut chevaucher une fin de journée de travail et un début de journée suivante, sans jamais garantir deux jours entiers sans aucune contrainte professionnelle.
| Situation | Repos hebdomadaire minimum |
|---|---|
| Salarié majeur | 24 heures consécutives (35 heures avec le repos quotidien) |
| Salarié mineur | 2 jours consécutifs par semaine |
| Mineur d’au moins 16 ans, avec dérogation | 36 heures consécutives |
Une dérogation est-elle possible pour un salarié mineur ?
Oui, mais seulement à partir de 16 ans, et uniquement par une disposition conventionnelle ou un accord collectif. En cas de dérogation, le salarié mineur doit tout de même bénéficier d’une période minimale de repos de 36 heures consécutives, ce qui reste supérieur au minimum applicable aux salariés majeurs.
Certaines activités précises justifient ce type de dérogation, notamment les travaux de chargement et de déchargement dans les ports, débarcadères et stations, où le salarié peut être amené à travailler pendant un jour habituellement réservé au repos hebdomadaire.
Pourquoi cette différence entre mineurs et majeurs ?
La protection renforcée des mineurs sur le repos hebdomadaire suit la même logique que d’autres règles spécifiques du droit du travail applicables aux jeunes salariés : durée maximale de travail réduite, interdiction de certains travaux dangereux, encadrement plus strict du travail de nuit. L’objectif est de préserver le temps de repos, de sommeil et de vie personnelle d’un salarié dont le développement physique n’est pas encore achevé.
Cette logique explique aussi pourquoi la dérogation reste très encadrée : elle n’est ouverte qu’à partir de 16 ans, jamais en dessous, et elle doit être prévue par un texte collectif plutôt que décidée unilatéralement par l’employeur au cas par cas.
Cette règle vaut-elle aussi pour un apprenti ?
L’apprenti est un salarié à part entière de l’entreprise qui l’emploie, contrairement au stagiaire, mais des conditions particulières lui sont réservées sur le temps de travail et le repos, qui peuvent différer légèrement de la règle générale des mineurs selon son âge et le secteur d’activité concerné. Un apprenti mineur reste toutefois couvert par une protection au moins équivalente à celle d’un jeune salarié classique, jamais inférieure.
Vérifier sa convention collective ou son contrat d’apprentissage reste la meilleure façon de connaître la règle exacte applicable à sa situation, les dispositions pouvant varier d’un secteur à l’autre dans les limites fixées par la loi.
Que se passe-t-il si l’employeur ne respecte pas ce repos ?
Un salarié mineur privé de ses 2 jours de repos consécutifs, en dehors des cas de dérogation encadrés, peut faire valoir ce manquement auprès de l’inspection du travail ou, en cas de litige, devant le conseil de prud’hommes. La protection renforcée des mineurs sur ce point répond à une logique de santé au travail, pas à une simple faveur administrative.
Questions fréquentes
Un salarié majeur a-t-il droit à deux jours de repos consécutifs ?
Non, seul le repos hebdomadaire de 24 heures consécutives est garanti, porté à 35 heures avec le repos quotidien de 11 heures. Les 2 jours consécutifs sont une protection réservée aux salariés de moins de 18 ans.
À partir de quel âge une dérogation aux 2 jours consécutifs est-elle possible ?
À partir de 16 ans, et seulement par accord collectif ou disposition conventionnelle. En dessous de cet âge, aucune dérogation n’est possible.
Combien d’heures de repos un mineur garde-t-il en cas de dérogation ?
Au moins 36 heures de repos consécutives, ce qui reste plus favorable que le minimum de 35 heures applicable à un salarié majeur.
Les stagiaires bénéficient-ils de cette règle des 2 jours consécutifs ?
Non, un stagiaire n’est pas un salarié de l’entreprise et ne relève pas de cette protection. Des conditions particulières s’appliquent à l’apprenti, qui lui est bien salarié.
Le repos doit-il obligatoirement tomber le week-end ?
La loi cite le samedi et le dimanche comme exemple courant, mais l’organisation exacte des 2 jours consécutifs dépend du planning de l’entreprise, tant que les deux jours restent effectivement consécutifs.
Un apprenti mineur bénéficie-t-il des mêmes 2 jours de repos ?
Oui dans son principe, avec des conditions particulières propres au contrat d’apprentissage qui peuvent en préciser les modalités selon l’âge et le secteur, sans jamais offrir une protection inférieure à celle d’un jeune salarié classique.
Sources
Service-Public.fr, repos hebdomadaire du salarié : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2327
Cette information générale est vérifiée à sa date de mise à jour. Elle ne remplace pas l’examen de votre situation par le service gestionnaire de votre entreprise ou par un professionnel du droit.