Mis à jour le 10 septembre 2026.
Le salaire en mi-temps thérapeutique ne se limite pas à la moitié du salaire habituel, contrairement à ce que son nom laisse penser. L’employeur paie les heures réellement travaillées, et la Sécurité sociale complète avec des indemnités journalières, selon une formule de calcul précise que peu de salariés connaissent avant d’y être confrontés.
Cette combinaison peut, dans certains cas, rapprocher le revenu total du salaire d’avant l’arrêt, sans jamais le garantir : tout dépend du niveau de salaire et de la part du temps de travail réellement reprise.
En bref
- Les heures travaillées sont payées par l’employeur dans les conditions habituelles.
- Les heures non travaillées peuvent ouvrir droit à des indemnités journalières de la Sécurité sociale, versées au prorata.
- Ces indemnités journalières représentent 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé sur les 3 derniers salaires bruts avant l’arrêt.
- Le temps partiel thérapeutique est accordé pour un an maximum par la CPAM, renouvelable dans la limite de 3 ans au total.
- Des conventions collectives plus favorables peuvent prévoir un maintien intégral du salaire par l’employeur.
Comment se calcule le salaire pendant un mi-temps thérapeutique ?
Deux sources de revenu se combinent. L’employeur rémunère les heures effectivement travaillées, dans les conditions salariales habituelles : à 50 % du temps de travail, cela représente 50 % du salaire brut habituel. En complément, l’Assurance Maladie verse des indemnités journalières de la Sécurité sociale, calculées au prorata des heures non travaillées, pour compenser une partie de la perte de revenu.
Ces indemnités journalières correspondent à 50 % du salaire journalier de base du salarié, lui-même égal à la somme des 3 derniers salaires bruts perçus avant l’interruption du travail, divisée par 91,25. C’est cette double base de calcul, salaire réel plus indemnité proportionnelle, qui explique pourquoi deux salariés à mi-temps thérapeutique avec des salaires différents ne perçoivent jamais le même pourcentage de leur revenu antérieur.
À retenir : des dispositions conventionnelles plus favorables peuvent prévoir un maintien intégral du salaire par l’employeur pendant le temps partiel thérapeutique. Vérifier la convention collective applicable avant de calculer soi-même son revenu attendu.
Un exemple de calcul, pour visualiser le mécanisme
Pour un salarié dont le salaire brut habituel est de 2 100 euros par mois, en reprise à 50 % du temps de travail : l’employeur verse 1 050 euros pour les heures travaillées. Le salaire journalier de base s’établit à environ 69 euros (3 mois à 2 100 euros, divisés par 91,25). L’indemnité journalière représente 50 % de ce montant, soit environ 34,50 euros par jour, versée au prorata des heures non travaillées sur la période.
Ce type de calcul, propre à chaque situation, montre que le revenu total pendant un mi-temps thérapeutique reste rarement égal à la moitié exacte du salaire habituel : il oscille selon le niveau de salaire, la part de temps réellement travaillée, et l’existence ou non de dispositions plus favorables dans la convention collective applicable.
Qui décide de la mise en place du temps partiel thérapeutique ?
Le dispositif suppose trois accords distincts. Il doit d’abord être prescrit par le médecin traitant ou le médecin du travail, en fonction de l’état de santé du salarié. L’employeur doit ensuite donner son accord : il peut le refuser s’il estime que l’aménagement perturberait le fonctionnement de l’entreprise, mais ce refus doit être motivé. Enfin, le médecin-conseil de l’Assurance Maladie doit accorder le temps partiel thérapeutique et le versement des indemnités journalières qui l’accompagnent.
En cas de refus de l’employeur, le salarié peut solliciter le médecin du travail pour étudier d’autres aménagements du poste. Si aucune solution n’est trouvée, le salarié peut être déclaré inapte, ce qui oblige alors l’employeur à rechercher un poste de reclassement compatible avec son état de santé.
Combien de temps peut durer un mi-temps thérapeutique ?
La CPAM accorde en général le temps partiel thérapeutique pour une période maximale d’un an. Cette période peut être renouvelée, sur prescription médicale et si l’état de santé du salarié le justifie, dans la limite d’une durée totale de trois ans. Chaque prolongation doit être validée par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Rémunération des heures travaillées | Salaire habituel, au prorata du temps travaillé |
| Indemnités journalières | 50 % du salaire journalier de base, au prorata des heures non travaillées |
| Durée initiale | 1 an maximum |
| Durée totale possible | 3 ans, avec renouvellements validés par le médecin-conseil |
Que se passe-t-il à la fin du temps partiel thérapeutique ?
Plusieurs issues sont possibles selon l’état de santé du salarié : une reprise à temps complet, un passage à un temps partiel classique, un nouvel arrêt de travail, une adaptation du poste, un reclassement pour inaptitude, ou dans les situations les plus difficiles un licenciement pour inaptitude si aucun reclassement n’est possible, voire une mise en invalidité.
Seul le médecin du travail peut se prononcer sur l’aptitude ou l’inaptitude du salarié à reprendre ses fonctions à l’issue de la période. Un salarié déclaré inapte ne peut être licencié qu’après que l’employeur a recherché, sans succès, une solution de reclassement.
Qui peut demander un temps partiel thérapeutique ?
Tout salarié du secteur privé affilié au régime général ou au régime agricole peut en bénéficier, à condition que l’aménagement soit justifié par son état de santé. Depuis 2020, le dispositif ne suppose plus nécessairement un arrêt de travail complet préalable : il peut être prescrit dès l’apparition des premiers signes d’une pathologie, pendant l’exécution même du contrat de travail, pour permettre au salarié de se maintenir à son poste plutôt que d’avoir à l’interrompre.
Cette évolution change la manière dont beaucoup de salariés découvrent le dispositif : ce n’est plus uniquement une étape de retour après un arrêt, mais aussi un outil de maintien dans l’emploi utilisable en amont d’une dégradation de l’état de santé.
Questions fréquentes
Quelle perte de salaire un mi-temps thérapeutique entraîne-t-il ?
Cela dépend du niveau de salaire et de la part de temps réellement travaillée : le salaire proportionnel aux heures travaillées, complété par des indemnités journalières égales à 50 % du salaire journalier de base pour les heures non travaillées, aboutit rarement à une perte strictement proportionnelle au temps non travaillé.
Un mi-temps thérapeutique est-il payé à 100 % du salaire habituel ?
Pas en règle générale : la combinaison salaire et indemnités journalières couvre une partie mais pas nécessairement la totalité de la perte de revenu, sauf disposition plus favorable prévue par la convention collective de l’entreprise.
Comment calculer précisément son salaire en mi-temps thérapeutique ?
En additionnant le salaire versé par l’employeur pour les heures travaillées, calculé au prorata du temps de travail, et les indemnités journalières de la Sécurité sociale, égales à 50 % du salaire journalier de base pour les heures non travaillées.
Quels sont les inconvénients du mi-temps thérapeutique ?
Une baisse de revenu par rapport au salaire habituel dans la plupart des cas, une durée limitée à trois ans au total, et une procédure qui suppose l’accord de trois acteurs distincts : le médecin prescripteur, l’employeur, et le médecin-conseil de l’Assurance Maladie.
L’employeur peut-il refuser un mi-temps thérapeutique ?
Oui, s’il estime que l’aménagement pourrait perturber le fonctionnement de l’entreprise, à condition de motiver son refus. Le salarié peut alors se tourner vers le médecin du travail pour étudier d’autres solutions d’aménagement du poste.
Sources
CFTC Le Décodeur, temps partiel thérapeutique : ledecodeur.cftc.fr/3-min/temps-partiel-therapeutique
Cette information générale est vérifiée à sa date de mise à jour. Elle ne remplace pas l’examen de votre situation par votre caisse d’assurance maladie ou par un professionnel du droit.